Après mon infidélité

Mon père a poussé un soupir et nous a posé la question : « Quelles sont vos intentions? »

Mon mari Ronald s’est penché pour demander : « Nos intentions? À quel sujet? »

« Vous allez devoir chercher à comprendre pourquoi votre mariage s’est désintégré… comment le réparer… comment vous assurer que cela ne se reproduise plus. »

Ronald a répondu : « Euh… je ne sais pas si on a vraiment besoin de faire tout cela. Je ne veux même pas parler de ce qu’elle a fait. C’est trop douloureux. Nancy est de retour à la maison – on va se contenter d’aller de l’avant maintenant. »

Mon père ne s’est pas arrêté là : « J’aimerais que cela soit aussi simple. Mais ce n’est pas le cas. Votre mariage a été brisé. Si vous tentez de reconstruire une maison sur une fondation instable, cela ira peut-être pendant un certain temps, mais lorsque les orages viendront, l’instabilité de la fondation sera la ruine de votre maison. Ronald, si tu ne répares pas la fondation de ton mariage, il ne survivra pas. Tu ne peux pas faire semblant d’ignorer le fait que ta femme t’a été infidèle. Le souvenir de sa trahison et la culpabilité qu’elle portera sur ses épaules deviendront insupportables. Je ne crois pas que vous pourrez aller de l’avant si vous ne prenez pas l’une des décisions les plus importantes à prendre. »

Mon mari a demandé : « De quelle décision s’agit-il? »

« Nancy t’a-t-elle dit qu’elle regrettait ce qu’elle a fait? »

« Oui, elle s’est excusée plusieurs fois. »

« T’a-t-elle déjà demandé de lui pardonner? »

« Non. »

Mon père s’est tourné vers moi : « Nancy, lorsque tu dis à quelqu’un que tu es désolée ou que tu regrettes ce que tu as fait, ce n’est pas du tout la même chose que de leur demander de te pardonner. Le fait que tu sois désolée ne relève que de toi : c’est ta décision. Mais lorsque tu demandes à quelqu’un d’autre de te pardonner – cela relève de lui. C’est très difficile à faire, parce que cela met le pouvoir entre les mains de l’autre personne. »

Alors il s’est adressé à Ronald, qui avait l’air perplexe et appréhensif. « Ronald, lorsque tu pardonnes à quelqu’un, tu choisis de bannir à jamais son offense de ton cœur. Jésus a dit que quand il nous pardonne, il sépare nos péchés de nous aussi loin que l’Est est de l’Ouest. En d’autres mots, il sépare à tout jamais notre péché de sa vision de nous, non pas parce que nous ne sommes pas coupables, mais parce qu’il a accepté de payer le prix de nos fautes à notre place et de les effacer. Si tu décides de pardonner son infidélité à Nancy, tu ne pourras jamais plus utiliser sa faute contre elle. Dieu vous donnera alors la force de recommencer une nouvelle vie ensemble. Mais si tu choisis de ne pas lui pardonner sa transgression, si tu préfères ne pas laisser ta douleur s’évanouir, ou si tu préfères continuer à utiliser la transgression de Nancy contre elle – votre mariage est voué à l’échec. Tu as toutes les justifications de divorcer du point de vue biblique, mais tu n’as pas besoin de le faire. Tu peux choisir de lui pardonner et de recommencer à neuf. J’aimerais que vous priiez tous les deux à ce sujet pour ensuite me faire connaître votre décision demain matin. »

Après une longue nuit sans repos, j’ai demandé à mon père, la voix tremblante : « Papa, je veux demander à Ronald de me pardonner ce que j’ai fait. Comment faire? »

« Sois précis dans ta demande de pardon. Nomme tes transgressions, pour ensuite demander à Ronald de te les pardonner. C’est à lui de décider s’il te pardonnera ou non. Tu fais la demande, il répond. C’est la chose la plus simple à faire – mais aussi la plus difficile. »

J’ai jeté le regard vers mon mari et je vis le visage effrayé d’un garçon de douze ans, plein de douceur et de douleur. J’ai prononcé les mots rapidement, de crainte de laisser passer ce moment opportun. « Ronald, je t’ai trahi mentalement, spirituellement, et physiquement. Je t’ai menti et je t’ai trompé. Je suis sans défense, sans excuse. J’ai péché contre Dieu et contre toi. Peux-tu et veux-tu me pardonner? »

Il s’est penché vers moi et a plongé son regard dans le mien. Mon mari était à nouveau lui-même, fort et plein de confiance, lorsqu’il a pris mes mains dans les siennes et m’a dit : « Nancy, nous avons été deux à faire et à dire des choses terribles. Notre mariage était en piteux état – et une bonne partie de cela était de ma faute. Tu m’as trahi, mais je choisis de te pardonner. »

Nous nous sommes tous les deux mis à pleurer. Nos cœurs se sont réconciliés et rattachés l’un à l’autre. Nous avons décidé ensemble de recommencer à zéro – et à bâtir une fondation solide à notre mariage.

Cependant, ma fondation individuelle était toujours instable. Mes mensonges avaient été si bien enduits de vérité que j’avais de la difficulté à distinguer le vrai du faux. Doucement, j’ai commencé à refaire ma vie. J’éprouvais un certain soulagement d’en avoir fini avec la déception, mais parce que ces exagérations et ces demi-vérités avaient été mes compagnons pendant des mois, la lumière de la vérité me semblait aveuglante, comme si je me retrouvais en plein soleil après avoir passé la matinée dans un endroit sombre et lugubre.

J’étais remplie de doutes. Je n’arrivais pas à croire la facilité avec laquelle j’avais laissé mes émotions m’emporter. Je m’étais laissée glisser vers cette infidélité — je m’étais laissée aller à la dérive, endormie sur un radeau, pour me retrouver au loin de la plage. Maintenant, je devais mettre tous mes efforts à revenir vers Ronald et à m’unir à lui de nouveau.

Ronald m’avait pardonné – miraculeusement. Il s’était détourné de la douleur et avait regagné la liberté. Moi, par contre, j’étais encore coincée dans la peine de regrets amers. Recevoir et croire en ce pardon que j’avais reçu a été une tâche laborieuse et épineuse. Les souvenirs de ma transgression me revenaient souvent, en me prenant par surprise – provoqués par l’odeur de l’eau de Cologne d’un étranger ou la mélodie d’une chanson. La honte de ces anciens plaisirs interdits me poursuivait.

Cependant, éventuellement, j’ai fini par me rendre compte que je devais accueillir le pardon que Ronald m’offrait pour me libérer de ma prison. Dieu et mon mari m’en avaient déjà donné les clefs, mais j’avais jusqu’alors refusé de les utiliser. Finalement, un jour, je l’ai fait en priant ainsi : « Seigneur, je ne peux plus porter ce fardeau. Je sais que tu m’as pardonné et que Ronald m’a pardonné aussi, et aujourd’hui, je choisis d’accueillir ce pardon qui m’a été offert. Je t’invite à me rendre capable de me détourner de la culpabilité, de la honte, et des regrets, et de réclamer ce pardon parfait que j’ai reçu de Ronald et de toi. Tu m’as libérée de tout mon péché; alors je suis véritablement libre. »

J’ai dès lors refusé de m’attarder sur les souvenirs de mon infidélité. Je les ai remplacés par des pensées de la nouvelle vie que Ronald et moi bâtissions ensemble. Nous en sommes maintenant à plus de 30 ans de mariage — un mariage fort, plein d’amour et de compassion.

Auteur : Nancy Anderson

Lire l’histoire de Ronald

Visiter le site de Nancy (en anglais seulement) http://nancycanderson.com/

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